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Nouvelle collection de Hijabs by Sianat

voile

foulard

Avez-vous découvert nos nouveaux Hijabs? Ils sont en ligne depuis déjà une semaine mais nous n’avions pas eu le temps de vous en parler avant.

Nous avons déniché une large gamme de châles doux et fluides aux couleurs de saison. Certains sont déjà bientôt en rupture de stock alors ne tardez pas trop.

www.sianat.fr

Grande nouveauté chez Sianat dont je tenais à vous parler. On a décidé de proposer des coffrets cadeaux. Un cadeau qui fera à coup sûr plaisir à votre amie, maman, soeur… Le coffret sera joliment emballé et composé d’un beau hijab, d’un bonnet tube, un collier et un musk.

coffret hijab

Deux coffrets sont actuellement en vente sur notre site.

Interview d’e-commerçante : Autourdufoulard.com

Cela fait un petit moment que je ne vous ai pas proposé d’interview de maman musulmane entrepreuneuse malgré qu’elles soient de plus en plus nombreuses sur la toile. Je vous propose aujourd’hui de découvrir Sonia, fondatrice de la boutique Autourdufoulard.com. Une inconditionnelle fan de foulards, qui vous propose un large choix de foulards en soie et autres accessoires.

foulard

 

Peux-tu te présenter?

Sonia, 34 ans. Je suis mariée et j’ai 3 enfants. Je suis le fruit d’un mariage entre 2 cultures différentes et j’ai la chance d’avoir profité (j’espère) des avantages de chacune d’entre elles.

Comment t’est venue l’idée de ta société ?

La création d’une société était depuis longtemps dans ma tête. Cette idée s’est faite par ma soif de liberté financière et de justice sociale. En effet, j’ai l’esprit rêveur: J’imaginais mettre en place une structure qui se développerait tellement bien, que notre communauté n’aurait plus que l’embarras du choix dans les postes à pourvoir chez nous, que j’obtiendrai une telle richesse que je pourrai subvenir aux besoins de beaucoup de nécessiteux dans la oumma…
Mais l’idée du foulard en soie peint à la main vient de mon amour pour eux, pour cette matière noble et ce côté exclusif qu’ils représentent. L’éventail de choix qu’offre la peinture sur soie m’a toujours séduite. Je suis une adepte de mes foulards avant tout!

Qu’est ce qui a été le plus dur dans le lancement de ta société?

Lorsque je réfléchis aux difficultés du lancement de cette entreprise, je me demande si le lancement est vraiment derrière moi lol. La plus grande difficulté est de rester motivée: il ne faut pas abandonner au premier obstacle ni au premier refus.

voile islamique Des foulards en mousseline de soie unis ou peints à la main.

 

Boutique : https://www.autourduhijab.com/fr/

Facebook : https://www.facebook.com/AutourduFoulard

 

Porter le jilbab

Porter le jilbab c’est bien, bien le porter c’est encore mieux !

jilbab

Vous pouvez lire de très bons rappels Ici, des réponses à de nombreuses questions concernant la tenue vestimentaire chez la femme musulmane :

-Est-il permis aux sœurs qui portent le jilbab de se vêtir d’un manteau par-dessus ce jilbab par temps de froid, sachant que le manteau décrit la forme des bras ?

-Certaines soeurs de france ont innové une nouvelle façon de mettre leur jilbab, elles attachent le bandeau du jilbab derrière leur tête (à l’extérieur) ainsi le jilbab dessine et fait apparaitre la forme de la tête ainsi que le cou et les épaules est ce que ceci est autorisé et quel serait votre conseil ?

-Quel est le jugement concernant le fait d’avoir de longs ongles et de les vernir, en sachant que je fais mes ablutions, et que le vernis reste 24 heures et que je l’enlève après ce délai ?

-Les pieds font-ils partie de la ‘awra pendant la prière ?

-Que pensez-vous du port très répandu du pantalon par les femmes à notre époque ?

 

Interview d’une créatrice de broches pour hijab.

voile islamique

1-Peux-tu te présenter ?

Je suis Ayshat, et j’ai lancé il y a quelques mois l’aventure Broche Ton Voile. Je suis une maman, ex-styliste/graphiste, convertie à l’islam depuis plusieures années, qui souhaite mettre son modeste savoir-faire au service de l’islam.

2-Comment t’es venue l’idée de ton entreprise ?

Pour moi, le voile islamique est LE symbole de la féminité, quoi qu’on en dise. Il est notre protection, notre écrin, notre fierté. Aussi, j’ai décidé de créer des broches pour hijab, pour promouvoir ce vêtement si précieux à mes yeux, et dans l’optique de la da’wa aussi afin de redorer le blason de cet habit tellement méprisé et incompris.
Chaque femme musulmane a un rapport très intime avec son hijab: certaines ne le porteront que sombre, d’autres au contraire miseront sur la couleur (tout en restant dans les conditions du hijab shariy of course ^^). Chaque femme, chaque personnalité pourra ainsi trouver dans mes collections une broche qui lui ressemble.
Qu’Allah fasse de chaque petite perle une lumière de guidée des coeurs.

3-Qu’est-ce qui a été le plus dur dans le lancement de ta société?

Je me lance doucement mais sûrement. Le plus difficile a été sûrement de combattre mon manque de confiance en moi ^^.
Jusque-là, je n’ai rencontré que des personnes formidables, qui, spontanément, ont sû me conseiller, m’orienter, m’épauler, m’encourager toujours avec douceur et rahma. Qu’Allah les rétribue grandement.

Le blog : http://www.brochetonvoile.com/

Le compte facebook: Broche Ton Voile

Je vous invite à relire les interviews déjà publiées sur notre blog dans la rubrique: sites à découvrirLe but de cette rubrique étant de promouvoir les entrepreneuses musulmanes, n’hésitez pas à partager un maximum ces interviews sur facebook et twitter.

A lire également Musulmans et  Entrepreneurs : interviews et conseils d’entrepreneurs musulmans.

 

Le voile : regards, réflexions, constat…

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J’ai relu avec beaucoup de plaisir l’article d’Emilie Nourra fondatrice du site MM Blog intitulé : Vous n’avez pas chaud là dessous ? à découvrir Ici
Son article m’a fait sourire et rappelé quelques souvenirs.
A plusieurs reprises, j’ai eu droit à des réflexions plus ou moins similaires :

De personnes âgées : « Mais Madame découvrez-vous un peu voyons… » ou bien de jeunes femmes : « C’est abusé quand même ». Venant de personnes non musulmanes, ça passe encore, on ne s’attend bien évidemment pas à ce qu’elles prônent les vertus du jilbab ou du niqab, mais c’est lorsque ce genre de réflexions proviennent de vos propres sœurs fi-Llâh qu’elles sont les plus blessantes. Parfois il m’arrive de me demander pourquoi elles font preuve de tant d’appréhension envers ce que nous considérons comme le signe de notre amour pour Allâh et de notre attachement à la Sunna. Et puis je me rappelle de ce verset :  « Allah à scellé leurs cœurs et leurs oreilles; et un voile épais leur couvre la vue; et pour eux il y aura un grand châtiment. » Sourate Al-Baqarah – verset 7

L’Islam veut une société propre dans laquelle les plaisirs charnels ne débordent pas et qu’il n’y ait pas d’agressions. Or le fait que la femme exhibe ses atouts de beauté peut en faire une source de tentation et peut ouvrir la voie du mal à ceux qui veulent s’y engager.

L’Islam c’est se soumettre à Allah le Très Haut.

C’est l’exécution par le croyant de l’ordre d’Allah le Très Haut même si l’on n’en saisit pas le fondement et même si la raison n’en est pas convaincue.

En effet, l’obéissance à son Maître et la soumission à Son ordre doivent passer avant toute autre chose.

Qu’Allah azawajal nous aide à donner le bon exemple et à surmonter les nombreuses épreuves de la vie d’ici bas.

Un grand merci à Simplic pour cette belle illustration, découvrez toutes ses illustrations Ici

L’habit interdit de la musulmane: hijab, niqab 2ème partie

Suite de l’article: L’habit interdit de la musulmane: hijab, niqab 1ère partie

— Enlever le hijâb permet de relever les défis ? Je croyais qu’il fallait plutôt réfléchir pour ça ! Ou alors le hijâb empêcherait de réfléchir… Ça veut dire quoi, Jaddi, « qu’ils doivent grandir » ?

— Pas grand-chose, en réalité. Et en même temps toutes les attaques de l’islam tournent autour de cela. Pour les élites françaises – et aussi pour beaucoup de gens qu’ils ont désinformés, y compris des chrétiens fervents – une religion, pour être belle et grande, doit avoir deux caractéristiques. La première c’est qu’elle ne doit concerner que les affaires spirituelles. Sous prétexte que la religion est une chose noble, elle n’a pas à s’occuper des choses matérielles, comme l’habillement, le mariage, l’héritage, l’économie, et bien sûr les lois civiles et pénales. On entend souvent des gens, musulmans ou pas, dire que la religion n’est pas une question de look, ou, pire, que Dieu a d’autres choses à faire que de S’occuper de ces choses-là, qu’Il ne va pas punir pour des questions d’habillement ! Entre parenthèses, cette façon de comprendre la religion n’est pas moderne du tout car à l’époque de la Révélation, déjà des mécréants arabes s’étaient moqués d’un compagnon en lui disant que c’était étrange qu’une religion s’occupe de la manière d’aller aux toilettes.

— Ah oui ! Je sais, on en a déjà parlé. C’est dans un hadith authentique de chez Muslim et le compagnon est Salmân Al-Fârisiyy. Il leur avait fait comprendre qu’au contraire une religion guidait l’homme dans tous les domaines, et que le Prophète, ‘alayh-is-salâm, n’avait rien oublié, pas même la manière de se rendre aux toilettes. Puis il avait cité les règles de bon comportement. Ma châ Allâh

— Oui, c’est ça, bârakallâhu fîk. La deuxième caractéristique d’une bonne religion selon eux c’est qu’elle ne doit pas prétendre détenir la vérité. Vous avez remarqué que la vérité n’est pas pour eux une caractéristique essentielle d’une religion ? Ce qui importe, c’est deux choses. Premièrement, qu’elle ne casse pas l’unité de la nation. Les Mecquois avait fait la même critique envers les musulmans en disant qu’ils avaient rompu avec la tradition et le modèle en vigueur et qu’ils rompaient l’unité même au sein des familles. Mais les musulmans leur répondaient qu’au contraire l’islam rassemble car il fait appel à ce que les hommes ont en commun de plus profond, le fait d’être des créatures du même Créateur et qu’il amène bonté et justice pour tout le monde. Ils invitaient ensuite les mécréants à analyser leur système et à reconnaître à quelles injustices et catastrophes sociales leur modèle chéri les avait conduits en réalité. Deuxièmement, il faut qu’elle soit critique vis-à-vis d’elle-même et qu’elle reconnaisse ses torts et ses erreurs. Car ils partent du principe que personne ne peut détenir toute la vérité. Alors, la religion doit reconnaître que la vérité n’est chez personne et que toutes les idéologies se valent et contiennent du vrai.

— Mais cette idée n’est pas nouvelle non plus !

— C’est vrai. À quoi tu penses, Safia ?

— Je pense au fait que les mécréants arabes avaient eux aussi proposé au Prophète, ‘alayh-is-salâm, qu’on adore à tout de rôle une année sur deux Allâh et leurs divinités.

— Ah oui ! C’est même à cette occasion qu’Allâh a révélé la sourate 109, Al-Kâfirûne, Les Mécréants, pour nous dire que l’islam s’oppose dans son fondement à toute autre religion et qu’une société ne peut pas adorer Allâh et en même temps reconnaître que les autres divinités peuvent avoir du bon.

— Exactement, Zeynab ! Donc ce qu’ils exigent de nous, c’est qu’on considère que l’islam n’est qu’une idéologie comme une autre et qu’il doit évoluer pour s’adapter. On nous demande de nous débarrasser de ce qui n’est pas compatible avec ce qu’ils appellent la modernité, avec l’évolution des mœurs, avec la culture de la majorité. On nous demande aussi d’arrêter de considérer que tout ce qui sort du Coran et des hadith a été interprété correctement par les compagnons et les savants qui les ont suivis. On nous demande de considérer que le chemin tracé par le Prophète, ‘alay-is-salâm, n’est pas le seul chemin admis en islam, ni forcément le meilleur. Tout est toujours discutable, tout est toujours interprétable, on peut douter de tout. Ce qui était peut-être indiqué dans le passé n’est pas forcément bon pour nous ici aujourd’hui.

— C’est ce qu’ont déjà fait les juifs et les chrétiens, non ?

— Oui c’est exact. D’ailleurs ils nous disent que pour mûrir les musulmans doivent suivre l’exemple des chrétiens et faire leur autocritique. Les chrétiens n’ont plus aucune influence hors de l’église. Et dans l’église, pas beaucoup non plus. Avant les femmes portaient la mantille à l’église, et dans certaines conditions dans la rue. C’était religieusement obligatoire.Mais aujourd’hui, les femmes ne sont plus obligées de le porter et elles ne le portent plus. Et pourtant c’est une obligation biblique qu’on trouve clairement dans les épîtres de Paul.

— Tu veux dire que les premières chrétiennes portaient le voile ?

— Sans aucun doute oui, et que cette pratique est inscrite dans le livre saint des chrétiens. C’est à cela qu’a abouti leur autocritique. À abandonner des prescriptions qui ont toujours été suivies et à faire entrer dans la pratique et la croyance des choses qui n’ont jamais existé. Remarquez que l’islam n’a jamais demandé autant aux chrétiens !

— Mais ça n’est pas possible ça pour l’islam !

— C’est vrai que c’est plus facile pour le christianisme et le judaïsme, car leurs pratiques ne sont pas réellement liées à des paroles transmises directement de leur prophète. L’ordre de porter un voile est par exemple présent dans les épîtres de Paul dans le Nouveau Testament. Et Paul est un juif qui dit avoir rencontré Jésus bien après la « mort » de ce dernier ! Dans le cas de l’islam, les règles sont plus strictes. Les informations authentiques nous viennent toutes du Prophète, ‘alayh-is-salâm, via des personnes dont Allâh est satisfait et qui ont vécu auprès du Messager. Mais malgré le fait que cela n’existe pas en islam et que tout vient du Prophète, ‘alayh-is-salâm, on trouve un certain nombre de musulmans qui ont adopté ces idées.

— Ces idées ?

— Ben oui, Zeynab, je vois bien ce que veut dire Jaddi. Ils considèrent que l’islam est principalement dans le cœur, certainement pas dans les vêtements, et que croire suffit. Ils considèrent également que les musulmans ne possèdent pas toute la vérité et que ce qui était vrai il y a 14 siècles ne l’est plus forcément aujourd’hui.

— Oui c’est ça, Hasan. Malgré tout, un certain nombre de musulmans ont adopté ces idées. Seulement même s’ils sont nombreux, leur nombre diminue à mesure que les gens évoluent dans leur religion. Parce que l’évolution des musulmans ne va pas vers l’abandon des pratiques mais vers un accomplissement plus sérieux de ces pratiques au contraire. En général ça ne se voit pas tout de suite parce que les premières choses qui changent sont les conceptions de la vie et les actes cultuels comme la prière. On voit les choses autrement, on pense plus à Allâh, on médite davantage, on prie à l’heure, on jeûne plus, ou des choses discrètes, comme le fait de ne plus dire de gros mots, de ne plus boire d’alcool, de ne plus manger de porc… Mais très vite les progrès touchent la sphère publique. Et ce qui se voit le plus au-dehors c’est l’aspect physique, en particulier l’habit de la femme musulmane.

— Résultat : on voit de plus en plus de hijâb dans les rues et de plus en plus de niqâb.

— Exactement, Safia. Il n’y avait pas tant de voiles et de niqâb avant. Donc ça les fait réagir. L’évolution du comportement des musulmans ne se fait pas comme celui des chrétiens et des juifs. C’est pour cela qu’ils comprennent que, pour les musulmans, le hijâb et le niqâb ne sont pas de simples vêtements. C’est pour cela qu’eux non plus, malgré la laïcité, ils n’arrivent pas à considérer le voile comme un vêtement neutre et qu’ils ont essayé de trouver plein d’arguments pour dissuader nos sœurs de le porter. Mais aucun de ces arguments n’a de prise sur elles ni ne les convainc. Pourquoi ?

— Parce qu’elle ne cherchent qu’à obéir à Allâh et que les seules choses qui peut les convaincre ce sont les versets et les hadiths ?

— Précisément ! Les musulmanes voilées ou en niqâb ne classent pas leur vêtement dans la catégorie des symboles. Le voile n’est ni le symbole de l’appartenance à l’islam, ni celui de la pudeur, ni celui de l’asociabilité et de l’isolement, ni celui du rejet des autres êtres humains, ni celui de l’enfermement, ni celui de l’infériorité des femmes. Elles ne les classent pas non plus dans les revendications politiques contre la démocratie ou la laïcité. Elles ne les classent pas dans la catégorie des uniformes de soldats pas plus que dans la catégorie des camouflages pour commettre des actes de terrorisme ou de banditisme. Non elles le classent dans une seule catégorie : celle des adorations. Et les adorations, c’est quoi?

— C’est de faire ce qu’Allâh aime.

— Oui, mais pas seulement. C’est de faire ce qu’Allâh aime et de ne pas faire ce qu’Allâh n’aime pas. C’est les deux. Faire ce qu’Il ordonne et ne pas faire ce qu’Il interdit. Et ça concerne quels domaines de la vie du croyant ?

— Tous les domaines.

— Exactement. Ça concerne tous les domaines de la vie, et en permanence. Car Allâh nous voit en permanence et Il ne néglige pas les actes de Ses créatures, même ceux qui leur semblent les plus insignifiants. C’est donc en permanence que le croyant va chercher à plaire à Allâh et à ne pas Lui déplaire. Quand on est conscient d’être vu en permanence, on va chercher à ce que Celui qui voit ne nous voit faire que du bien et on aura honte de faire du mal devant Lui. C’est ça, la vraie pudeur. Et c’est le sens de ce hadith très clair, que vous connaissez déjà, sur ce qui doit motiver les actes des musulmans. Un jour, le Prophète, ‘alayh-is-salâm, a ordonné ceci aux compagnons, dans un hadith jugé bon de chez At-Tirmidhiyy : « Soyez pleins de pudeur vis-à-vis d’Allâh. Éprouvez envers Lui une pudeur réelle, forte et sincère ! » Les compagnons ont dit : « Ô envoyé d’Allâh, nous sommes pudiques, al-hamdu lillâh. » Le Prophète a répondu : « Non, ce n’est pas cela. La vraie pudeur vis-à-vis d’Allâh, c’est de préserver sa tête et ce qui est lié à elle, ainsi que son ventre et ce qui est lié à lui, et c’est de penser à la destruction et à la mort ; et que celui qui désire l’Au-delà délaisse la beauté illusoire de cette vie-là. Ainsi, celui qui a fait cela éprouve de la réelle pudeur vis-à-vis d’Allâh. » À lui seul ce hadith explique pourquoi le voile pose problème.

— Oui, l’islam ne peut pas être que dans le cœur.

— C’est ça. Et pourquoi ? Parce qu’Allâh est parfaitement vivant et vigilant. Allâh est là. Et c’est d’avoir conscience de cela qui va emplir le cœur du croyant du rappel d’Allâh en permanence. Et c’est parce que l’on a Allâh dans son cœur en permanence qu’on va penser à Lui obéir et à ne pas Lui désobéir en permanence. On va faire ça pour chaque situation où la Révélation s’est exprimée. Et la Révélation s’est exprimée sur tout.

— Y compris comme l’a dit le compagnon Salmân, qu’Allâh soit satisfait de lui, sur la manière d’aller aux toilettes.

— Voilà. Donc maintenant on comprend mieux ce qui dérange les élites françaises dans le voile et le niqâb. C’est d’abord le fait qu’ils sont un élément de la loi d’Allâh, la Charî’ah. Un élément au même titre que tous les éléments de la loi islamique. Ce n’est donc pas une tradition, qu’on peut changer comme on veut, elle ne dépend pas de la culture – d’ailleurs les femmes voilées ici ont la même culture que les autres, demandez donc à leurs voisins, à leurs amies. L’habit de la musulmane n’est même pas dépendant du contexte et des problèmes concrets rencontrés.

— Pourtant le voile a bien une raison d’être. La pudeur par exemple et la purification de la société. Le voile a bien un rôle dans la société, non ?

— C’est vrai. Mais ce sont des justifications secondaires. Ce ne sont pas elles qui justifient le port du voile.  À elles seules, elles ne sont rien. Ni pour interdire le voile, ni pour le rendre obligatoire. Ce qui importe c’est l’ordre d’Allâh. C’est vrai, obéir à Allâh facilite les choses de la vie et nous évite les soucis. Mais ce n’est pas cela qui pousse les croyants à obéir. Ce qui les pousse à obéir, c’est qu’Allâh a ordonné ou a interdit.

— Je comprends bien.

— Donc c’est ça la première chose qui dérange les élites ici. L’habit des musulmanes n’est pas l’affaire des hommes et personne ne peut convaincre les croyants que le voile ou le niqâb doivent être enlevés. Aucun argument. Et c’est pour cela que le voile existera jusqu’à la fin des temps. Exactement comme tous les éléments de la Charî’ah. Parce que l’ordre et l’interdiction d’Allâh existeront jusqu’à la fin des temps. L’habit de la femme musulmane est l’élément de la Charî’ah qui se voit le plus dans les rues et on peut voir clairement que les musulmans y reviennent et y tiennent de plus en plus. Donc si le hijâb et le niqâb sont le symbole de quelque chose, alors ils sont le symbole de l’amour de la Charî’ah. Le symbole de l’attachement des croyants à une loi non humaine, immuable, impossible à faire abandonner. Ce qui nous conduit à la seconde chose qui dérange. Car cette loi immuable n’est pas conçue comme une loi républicaine qui peut être jetée quand elle n’est plus utile. C’est la loi de Dieu. Elle est non seulement la vérité mais aussi et surtout la seule vérité. Or nous sommes dans une société où les élites font tout pour qu’on croit que la vérité n’existe pas, une société où dire la vérité n’est pas considérée comme une vertu, où mentir n’est pas réellement mal vu, où on peut mentir officiellement et ne pas perdre son statut, ni son poste, ni son influence, où mentir n’empêche pas d’être réélu, de vendre des livres, d’être considéré comme quelqu’un de bien, une société où on peut même avoir des problèmes à dire les vérités qui dérangent. Et cette société ne peut accepter que les musulmans prétendent proposer la seule vérité, celle des gens aimés par Allâh depuis le premier homme jusqu’au dernier, en passant par Moïse, Jésus et Muhammad, ‘alayim-us-salâm. Quand quelqu’un se convertit à l’islam, il le fait parce que, pour lui, c’est la seule vérité. Sinon, il resterait dans son ancienne religion. Et les jeunes filles, bien éduquées avec des diplômes qui se convertissent à l’islam portent le voile, de leur plein gré, par conviction. Personne en France n’aurait le droit de les forcer à le porter. Si elle le porte, cela signifie que des esprits considérés comme instruits arrivent à la conclusion que le voile est la vérité. D’ailleurs, parmi les gens qui défendent le voile et le niqâb, il y a des femmes musulmanes qui ne portent ni l’un ni l’autre. Mais elles défendent la Charî’ah, la loi d’Allâh. Une loi vivante comme Allâh est vivant. C’est ça qui dérange les élites dans le port du voile et du niqâb : quand une femme le porte dans la rue, même sans parler, elle transmet le message que c’est comme cela et pas autrement que le Seigneur des hommes a toujours ordonné qu’on se vêtisse. Et c’est insupportable pour des élites qui veulent mettre la main sur la morale et mettre la pression pour que toutes les idées, tous les avis soient équivalents. D’ailleurs quand ils disent que l’islam ne doit pas être trop voyant en France parce que la culture française est chrétienne, on voit bien que ce n’est pas la vérité qu’ils visent. La culture n’a rien à voir avec la vérité. Les Mecquois tenaient exactement le même raisonnement avec la religion de leurs parents, qu’ils suivaient sans chercher à savoir si elle était vraie ou pas.

— Jaddi, si tu parles des élites tout le temps, tu veux dire que le peuple agit différemment, c’est ça ?

— Oui, clairement. Il n’y a pas de grand rapport entre ceux qui décident et le peuple. Il n’y en a jamais eu. Les élites ont toujours posé des problèmes aux prophètes et ce sont les petites gens qui les ont soutenus. Les élites sont toujours plus difficiles à convaincre. Quand les sorciers du pharaon, des spécialistes incontestés dans leur domaine, ont affirmé que Mûsâ disait la vérité, le pharaon ne les a pas suivis et il les a assassinés sauvagement. Car les élites sont orgueilleuses, elles ont bâti un système où elles sont élites et l’islam les obligerait à être justes et à renoncer à des privilèges qu’elles se sont elles-mêmes octroyés. Les élites de La Mecque ont refusé l’islam car un Dieu unique, qu’on peut adorer partout, rapporte moins d’argent et leur donne moins de pouvoir que des centaines d’idoles localisées uniquement à La Mecque. Regardez vos voisins, vos collègues, vos amis non musulmans. Est-ce qu’ils ne sont pas ouverts, réfléchis, et tolérants quand ils vous connaissent. L’élite parle du voile et du niqâb pour faire peur au peuple dans une société où les conversions sont nombreuses et où l’islam est de mieux en mieux appliqué. Le peuple voit bien que les femmes voilées sont des femmes comme les autres et les stratégies des élites ne doivent pas faire oublier l’essentiel.

— Et c’est quoi ? Inviter les gens à l’islam ?

— Oui. Par les paroles et le comportement. Il y a 14 siècles, un homme est venu de la part du Créateur et son message concerne tout le monde, toutes les cultures et tous les peuples. Ce n’est pas la religion des Arabes mais la religion de Dieu. Le voile n’est qu’un des très nombreux éléments de ce message. Parmi ces éléments, certains vont certainement déranger les habitudes et les convictions des gens. C’est arrivé même à l’époque de la Révélation. Mais quand on prend le temps d’étudier les choses, que les ordres et les interdictions d’Allâh sont expliqués clairement, on comprend leur importance et leur intérêt. Combien de femmes, nouvelles converties, pensaient qu’elles n’arriveraient jamais à aimer le voile et qui le portent aujourd’hui avec plaisir ? Les élites orientent l’attention des gens sur ces points qui les dérangent en leur faisant croire que ces points-là prouvent que la foi et la pratique islamiques sont incompatibles avec le bonheur et l’épanouissement. C’est pourquoi, il faut aller à l’essentiel, mes enfants. L’essentiel, c’est de convaincre que ce Dieu existe et que ce Prophète, ‘alayh-is-salâm, est bien envoyé par Lui, que le message est bien miraculeux et cohérent, et que la loi est bien complète, miséricordieuse, sage et suffisante. Avec l’aide d’Allâh, comme ça arrive le plus souvent, c’est la conviction que l’islam est la vérité éternelle qui va faire accepter le voile et les autres pratiques de l’islam. Et qu’Allâh nous aide à agir pour Lui, en ayant conscience qu’Il nous voit en permanence et en essayant de faire comme si on Le voyait Lui.

— Âmîne !

Texte écrit par Soulaimane Chemlal
Éditions Avant l’Heure

L’habit interdit de la musulmane: hijab, niqab 1ère partie


Texte écrit par Soulaimane Chemlal, fondateur des éditions Avant l’Heure. Jaddi Chrif est un grand-père qui fait de son mieux pour apprendre et comprendre sa religion, afin de l’appliquer comme il se doit. Et aussi la transmettre. En commençant par mes trois petits-enfants : Hasan, Safia et Zeynab.

L’habit interdit de la musulmane : une pratique intégrante de l’islam tout autant qu’une invitation à la pudeur.

Jaddi Chrif, comme souvent, discute avec ses petits-enfants. C’est Zeynab, la plus jeune, qui a lancé le sujet, un sujet qui la préoccupe, comme chaque musulmane et chaque musulman :

— Sincèrement, je peux comprendre pourquoi que les gens en France sont peu familiers des vêtements islamiques, surtout ceux de la femme.

— Oui, c’est vrai Zeynab, dans leur cas ce n’est pas de la haine ni de l’islamophobie, mais juste de l’ignorance et un manque d’implication dans la construction de relations avec des musulmans.

— Un manque d’implication ? Oui, c’est vrai. Mes amies au lycée ne sont pas contre le voile.

Certaines l’étaient avant, mais depuis qu’elles me connaissent, elles ont changé d’avis. Elles ne me demanderaient jamais de l’enlever et seraient même surprises si je sortais tête nue !

— Oui, c’est ça. À la base, les gens ne sont pas spécialement pour le voile, mais ils font la part des choses et ne concentrent pas toute la personnalité des musulmanes voilées dans leurs vêtements. Ils acceptent très bien leurs collègues musulmans, leurs voisins musulmans et même leur nounou musulmane. Le voile ne fait pas partie de leur culture, mais ils l’acceptent plutôt facilement quand on leur explique à quoi il sert. Et notamment quand ils ont des proches musulmans.

— Par contre, ce que je ne comprends pas ce sont les arguments des hommes politiques pour interdire le hijâb dans les lieux institutionnels et le niqâb dans les lieux publics. En réalité je ne suis même pas sûr de les connaître.

— C’est normal, ma fille, il n’y en a pas. C’est vrai qu’il y a eu des auditions pour le cas du hijâb, mais le peuple n’a pas été consulté. Les arguments qui ont été considérés sont purement techniques.

— Techniques ? Tu veux dire au niveau de la fabrication des lois ?

— Oui, c’est ça. On a cherché les arguments qui pourraient permettre de faire une loi contre la liberté vestimentaire chez les musulmanes.

— Et apparemment, Jaddi, c’était plutôt pas simple vu qu’ils ont dû s’y reprendre à deux fois pour faire passer la loi contre le niqâb ! C’est pas évident de trouver des arguments contre le hijâb.

— C’est plutôt qu’il n’y a aucun argument à faire valoir pour cela. Et ce sujet est extrêmement intéressant pour comprendre comment les pratiques islamiques visibles, sociales et publiques, dérangent les élites. Et seulement les élites, finalement. En gros, elles les dérangent mais il n’y a aucune raison valable, c’est-à-dire concrète, pour cela.

— Ils sont quand même bien motivés !

— C’est vrai. Mais les motivations personnelles des élites ne sont pas des arguments pour promulguer une loi. Regardez. En général, la majeure partie des lois françaises est fabriquée pour répondre à un problème précis. Un problème survient, il faut le régler, on fait la loi. On a changé le taux maximal d’alcoolémie au volant parce que les conséquences de l’ivresse sur les routes coûtaient cher à la société. Mais on ne l’a pas réduit à zéro et il est possible qu’on le baisse encore comme il est possible qu’on le remonte un jour. Ce qui motive la loi ce n’est donc pas un sentiment ou une croyance mais un problème concret.

— Pourtant, Jaddi, il y a des lois qui ne sont pas liées à un problème concret. L’attentat à la pudeur, par exemple. Il n’y a aucun problème concret là qui permet d’affirmer que l’attentat à la pudeur est une mauvaise chose.

— Oh, tu parles du domaine moral ou éthique, toi. Tu as raison. Mais là encore, les lois sont motivées par des considérations concrètes comme une situation problématique. Ou alors par principe de précaution lorsque l’on suspecte des problèmes potentiels. Dans ce cas également, ce n’est pas la moralité elle-même qui est visée. Ce sont seulement les conséquences qui comptent, y compris les conséquences électorales. Ce genre de loi est extrêmement dépendant de la tendance de la majorité. Des choses considérées comme immorales auparavant sont devenues normales sous la pression sociale et l’évolution des mœurs. Les lois dans le domaine de l’éthique reflètent surtout les volontés du peuple. D’ailleurs même l’attentat à la pudeur n’existe plus en France depuis longtemps. La loi a été remplacée par une loi moins restrictive contre l’exhibition. Ce n’est pas la nudité qui est répréhensible en tant que telle mais l’exhibition quand elle dérange les autres. Et encore seulement dans certaines conditions, notamment quand la victime est un mineur. Mais la nudité en pleine rue n’est quasiment pas punie. Il peut arriver qu’on garde les contrevenants au poste de police une ou deux heures, c’est tout. On leur donne parfois une amende de quelques dizaines d’euros, mais pas plus. Et quand la nudité intervient dans les domaines artistique, cinématographique ou sportif, il n’y a plus aucun problème. Vous voyez ce que je veux dire ?

— Oui, tu veux nous faire comprendre que c’est toujours la survenue d’un problème concret qui motive l’élaboration des lois. En fait, une chose n’est pas considérée comme mauvaise en elle-même, mais seulement parce qu’elle pose un problème. Même le fait de se promener nu dans la rue !

— Oui, c’est cela. Ou dans certains cas, la précaution pour une question nouvelle. Et comme les choses dépendent de la tendance de la majorité et de l’air du temps, les lois, même dans le domaine de la moralité, sont susceptibles d’évoluer. C’est ça la démocratie. Pour la morale, une chose n’est pas mauvaise si la majorité a décidé qu’elle n’était pas mauvaise. Donc tu as raison, Hasan, une loi est fabriquée à chaque fois qu’on rencontre un problème qui dérange la majorité. Mais qu’est-ce que vous remarquez pour les lois contre les vêtements de la musulmane ?

— Elles ne sont pas motivées par des problèmes concrets ?

— Ni par une volonté du peuple, d’ailleurs.

— Exact, les enfants. Il n’y a pas d’argument. Plus encore, le hijâb et le niqâb islamiques existent depuis plus de 14 siècles, et on sait qu’ils ne posent aucun problème, contrairement au tabac, à l’alcool, aux armes à feu, à la pornographie, ou même à l’industrie pharmaceutique ou à l’endettement… Voilà pourquoi on ne sait pas vraiment pour quelle raison le hijâb et le niqâb sont interdits. On ne sait pas ce qui a incité en réalité à fabriquer des lois sur ce sujet. La seule chose concrète qui a décidé les pouvoirs publics de s’occuper des musulmanes c’est qu’il y a de plus en plus de hijâb et de niqâb dans les rues. Mais ce n’est pas un problème, çà. En réalité les réelles motivations des élites sont cachées car elles ne sont pas des arguments pour faire élaborer des lois. On ne peut pas faire des lois juste parce que le hijâb dérange ou qu’on ne l’aime pas.

— Pourtant il y a bien des textes de loi qui précisent les raisons de l’interdiction. On n’a pas interdit sans raison.

— C’est vrai, Zeynab. Mais attention à ne pas confondre les « justifications légales » et les « motivations profondes ». Il y a des textes de loi, mais ceux-ci ne précisent que les justifications légales. Forcément. En France, on ne fait pas de lois juste parce qu’on n’aime pas quelque chose. La loi exige des arguments. Donc, au final, les lois ont retenu deux justifications pour interdire les vêtements de la femme musulmane : d’un côté préserver la neutralité de la Laïcité et de l’autre, essentiellement pour le niqâb, préserver la sécurité des gens. Ce sont les deux problèmes que sont censés poser les vêtements de la musulmane. Mais en fait ce sont des prétextes et pas des arguments convaincants. Vous voyez la différence avec le fait d’interdire trop d’alcool au volant parce que ça cause des accidents ?

— Oui, le hijâb et le niqâb ne causent pas de problèmes concrets.

— Exactement. Est-ce que les jeunes filles travaillent moins bien à l’école parce qu’elles sont voilées ? Non. Est-ce que le niqâb est une arme qui provoque des morts ? Non. On croirait vraiment que l’objectif n’était pas réellement de régler un problème mais d’interdire coûte que coûte les vêtements islamiques. Ce sont des prétextes. C’est franchement clair pour le niqâb. Après la première proposition de loi, ils auraient pu s’arrêter là. Mais l’objectif était de ne plus voir de niqâb dans les rues, alors ils ont continué jusqu’à ce que la loi puisse être promulguée. Si vraiment ça posait des problèmes concrets, ils n’auraient pas eu à se casser la tête pour trouver des arguments. C’est du bricolage qu’ils ont fait.

— Oui mais tu disais tout à l’heure que la volonté du peuple pouvait pousser à fabriquer des lois. Il est possible que le peuple ne soit pas d’accord pour que les musulmanes s’habillent comme elles le veulent. Je ne parle pas des fous qui s’en prennent physiquement à nos sœurs dans les rues. Mais par exemple dans une crèche de la région parisienne la responsable a interdit à une sœur de travailler voilée et les gens étaient d’accord avec ça.

— Combien de personnes ? Non, globalement le peuple est sain, il comprend les choses. De nombreux non musulmans fréquentent des musulmans avec leurs enfants et les leur confient même quand ils vont travailler. Ces gens-là n’ont-ils rien compris ? Sont-ils plus naïfs que les autres ? Non, ils ont réfléchi et ne voient aucun problème à ce qu’une femme voilée s’occupe de leurs enfants. Pour les autres, c’est encore une question de principe sans argument. On voit bien la différence avec le taux d’alcool au volant où les gens sont tous d’accord pour dire que c’est dangereux. Comme l’a dit Zeynab, quand les gens connaissent des musulmanes, ils ne voient pas les musulmanes comme des problèmes. Mais quand on leur répète sans arrêt que le hijâb et le niqâb posent des problèmes à l’école et des problèmes de sécurité, naïvement, il y a une partie de la population qui le croit. C’est naturel. Mais d’eux-mêmes ils n’auraient pas pensé interdire quoi que ce soit. Les gens tiennent à leur liberté individuelle ici. En plus, le peuple n’a pas été consulté.

— Il y en a même qui se moquent royalement de ces lois et qui les considèrent comme une diversion.

— Oui, c’est vrai. Ils considèrent que les arguments sont légers et beaucoup disent que le gouvernement s’en prend aux musulmanes pour faire oublier aux gens qu’il ne fait pas grand-chose pour leur pouvoir d’achat, leur santé, leur emploi. Les gens ne sont pas dupes. On leur dit que le voile est interdit à l’école parce que l’État se doit d’être neutre et que la religion n’entre pas en compte dans ses affaires. Mais ils voient bien que dans de nombreux cas la religion chrétienne s’ingère dans les affaires de l’État. Certains dirigeants de partis politiques se déclarent ouvertement chrétiens et influencés par leur foi, un ex-ministre du gouvernement a récemment sommé l’un des conseillers du président de s’excuser pour ses paroles contre le pape, des municipalités mettent à disposition des terrains pour accueillir les J.M.J… Les Français se demandent en toute légitimité si les fonctions occupées et les décisions prises, et même l’argent dépensé, sont bien laïques ou s’ils ne serviraient pas la promotion du christianisme plutôt que leurs intérêts à eux. C’est même une certitude quand ils voient que leur État soutient le Vatican, que le président baise la main du pape dans le but, dit-on, de donner un signe fort aux électeurs catholiques. Et que dire de la femme de l’ex-président des Français qui rend visite au pape ou assiste, voilée d’une mantille, à ses obsèques ? Qu’est-ce qui différencie vraiment le voile à l’école et le voile de la première dame de France en visite officielle ?

— Rien qui justifie d’interdire l’un et d’autoriser l’autre.

— Exactement, ma fille. Et les gens s’en rendent compte. Comme ils se rendent compte que l’argument sécuritaire est un faux prétexte. Qui peut croire que vêtu d’un jilbâb et d’un niqâb quelqu’un peut commettre des actes de banditisme ? Imaginons qu’un homme se déguise ainsi pour commettre un délit. Tout le monde sait que ce n’est pas une tenue pour être à l’aise dans ce genre de situation, ni pour s’enfuir ni pour passer inaperçu. Et puis quand la presse nous parle des « terroristes », elle explique toujours que personne n’imaginait que l’accusé aurait pu commettre ce genre de méfaits. En gros, un terroriste efficace est une personne qui se fond dans la masse, insoupçonnable.

— C’est vrai qu’on a du mal à comprendre comment le niqâb peut être un déguisement possible pour des « terroristes » et qu’il faut, pour cette raison, l’interdire. C’est vraiment étrange cet argument.

— Oui c’est ce que presque tout le monde pense. Le peuple, musulmans et non musulmans, ainsi que beaucoup de gens dans le monde. Et même les associations des Droits de l’homme, et les instances de droit de la Communauté européenne. Beaucoup pensent que la France ne supporte pas ses minorités et leur enlève des libertés injustement. C’est pour cette raison qu’ils présentent le voile comme un danger pour la laïcité. En évoquant la laïcité en péril, on essaie de convaincre que le problème est très sérieux. C’est le pays, et même l’Europe ou le monde, qui est en danger et ses fondations qui tremblent !

— Oui. C’est pour ça aussi que les lois contre le hijâb et le niqâb sont rédigées de manière très générale. Du coup, ce n’est pas le hijâb qui est interdit à l’école mais tous les signes religieux qui se voient beaucoup. Et puis ce n’est pas le niqâb qui est interdit mais de se couvrir le visage dans la rue.

— Exactement, Hasan. Mais qui peut croire que ce ne sont pas les musulmans qui sont visés là ? Qui porte un « signe » vraiment visible ? Les musulmanes. Qui se couvre le visage en permanence ? Les musulmanes.

— Donc en fait, Jaddi, ces lois ont deux incohérences. Non seulement elles visent spécifiquement une minorité, mais en plus elles ne donnent pas d’arguments sérieux. Un peu comme si l’objectif était d’interdire le hijâb et le niqâb à tout prix.

— C’est ça. C’est parce que ces lois sont douteuses qu’ils ont préparé les choses en donnant d’autres d’arguments pour convaincre tout le monde. Pour pas qu’on remarque que c’est juste parce qu’ils détestent les habits de la musulmane qu’ils font tout pour l’interdire. Et ces arguments ne visent, bien entendu, que les vêtements des musulmanes. Et bizarrement, malgré le fait qu’ils aient été rabâchés, ils n’ont pas pu figurer dans les textes de loi.

— C’est quoi ces arguments ?

— Eh bien, il y en a de deux types. D’abord, pour convaincre de la nécessité de faire ces lois, on a essayé de convaincre que le vêtement de la musulmane rabaissait la femme.

— Tu peux donner un exemple, Jaddi.

— Le fait de prétendre que se voiler le visage empêche d’être digne, que les femmes qui portent le voile ou le niqâb ont des problèmes identitaires, qu’elles sont pauvres et atteintes sur le plan psychologique, que le voile nuit à l’égalité des hommes et des femmes, qu’il assure la mainmise des hommes sur leur femmes, que les femmes sont forcées de le mettre… bref des arguments destinés à rendre les femmes pitoyables. Mais il n’y a là rien de solide parce qu’il suffit de parler cinq minutes avec des musulmanes voilées pour se convaincre du contraire. Mais le procédé est malhonnête parce qu’à partir d’extrêmes minorités on en a tiré des règles générales pour effrayer les citoyens. Les jeunes filles par exemple que l’on force à porter le voile ne doivent pas être nombreuses, si jamais elles existent. En tout cas, je n’en connais pas et je ne connais personne qui en connaît.

— Oh, moi non plus. Et le deuxième type d’arguments, c’est quoi ?

— Alors là c’est intéressant parce que ça nous montre comment les élites françaises considèrent les pratiques religieuses et ce qui les dérange dans les nôtres. Ces arguments-là sont des fatwas.

— Des fatwas ? Comment ça ?

— Eh bien, ils donnent un avis sur ce que doit être une religion, de quoi elle a le droit de s’occuper, quelle doit être la place de l’habillement dans la religion et d’autres choses comme ça. Ce sont des fatwas. Des avis dans le domaine de la religion.

— Mais quel est l’objectif ?

— Simplement de convaincre les musulmans de renoncer à certaines pratiques islamiques, notamment le voile et de les convaincre qu’y renoncer ce n’est pas grave religieusement.

C’est toujours étrange d‘entendre un responsable politique, donc laïque, se transformer en « mufti » et donner des arguments « religieux » pour expliquer que le niqâb n’est pas islamique, que c’est une innovation qui ne se trouve pas dans le Coran.

— C’est assez malhonnête comme procédé. Comme s’ils étaient réellement inquiets que les croyants innovent par rapport au modèle coranique et prophétique. Je suis étonné qu’ils osent sortir un argument comme cela alors qu’il n’y a jamais eu la moindre divergence dans la communauté des savants de l’islam, à commencer par les compagnons, sur le fait que le Coran et les hadith rendent le hijâb obligatoire et évoquent clairement le niqâb, au point qu’on peut suivre sans peine l’argumentation des savants qui le rendent obligatoire.

— Tout à fait. Il n’y a qu’à se renseigner, c’est très facile. Mais dans le domaine de la religion, ils ne recherchent pas la science. Ils ne cherchent qu’à imposer leurs propres idées sur ce que « doit » être une religion. Donc ils veulent faire comprendre aux musulmans et aux musulmanes que tout n’est pas important dans les recommandations prophétiques. Qu’il faut garder l’esprit mais que la pratique est secondaire, surtout la pratique des actes qui ne sont pas des piliers, comme le hijâb et le niqâb. Que le voile était valable à l’époque de la Révélation mais que maintenant les choses ont changé, les gens sont « civilisés » et que la pudeur n’a plus le même sens aujourd’hui. Que le voile n’est qu’une question culturelle et que notre culture ici aujourd’hui n’a pas grand-chose à voir avec la culture de l’Arabie d’il y a 14 siècles. Leur argument général c’est que la religion doit s’adapter à son époque. Ils assurent qu’ils veulent le bien des musulmans et leur expliquent qu’ils doivent absolument grandir s’ils veulent relever les défis de la modernité.

La suite dans un second article.

Jilbab avec ou sans poches?

J’ai dessiné plusieurs nouveaux modèles de jilbabs, mais je dois me décider sur la confection d’un seul modèle pour le moment.

J’aimerais in châ Allah bientôt vous proposer un modèle de jilbab avec poche.

J’ai en effet pensé à intégrer au jilbab une poche discrète avec fermeture éclaire pour le côté pratique.
Un jilbab beau et pratique, dans lequel vous pourrez mettre vos clés ou la tétine de votre enfant dans la poche quand vous irez par exemple à la mosquée, sans craindre de les perdre.

Quand pensez-vous ?

Le vêtement de la femme musulmane

As-salâmu ‘alaykum wa rahmatullâh wa barakâtuh,

Pourquoi porter le jilbab?

Il est rapporté dans sahîh Muslim que le prophète sallallâhu ‘alayhi wa sallam dit:

« Dans ma communauté il y a deux catégories que je n’ai pas encore vues et qui habiteront l’enfer ; des femmes nues bien qu’elles soient vêtues, qui penchent et font pencher. Des espèces de bosses de chameaux se trouvent sur leurs têtes. Elles n’auront pas accès au paradis et n’en sentiront pas le parfum. Ainsi que des hommes qui tiennent des cravaches semblables à des queues de vaches avec lesquels ils frapperont les esclaves d’Allah. »

L’expression « Nues bien qu’elles soient vêtues  » fut expliquée par le fait qu’elles portent des vêtements qui ne dissimulent pas leurs corps, elles sont donc vêtues mais en réalité elles sont nues.

Comme les femmes qui portent des vêtements fins qui laissent transparaître leur peau ou des vêtements étroits qui dessinent leurs formes, tel que le postérieur ou les bras par exemple.

Le véritable vêtement de la femme est celui qui la cache en ne laissant apparaître ni son corps ni la forme de ses membres parce que cet habit est épais et large.

La fille croyante

« La fille croyante est celle qui quand elle passe paraît telle un ange qui est passé, voilée et pudique, parée de sérénité et inspirant le respect, quand elle plaisante, elle le fait poliment, quand elle est sérieuse, c’est comme la force qu’a le soleil pour dissiper les ténèbres. »

« La fille croyante est celle qui lève haut le drapeau de l’Islam par son habit légal et son bon comportement social, elle n’est pas éblouie par les lumières et les publicités indiscrètes, mais elle s’efforce en Dieu pour ériger à nouveau la valeur de l’Islam dans la société, elle cherche à acquérir le savoir religieux et à apprendre les prescriptions de son seigneur, pour les appliquer sur elle-même d’abord, puis les enseigner à autrui, jouant le rôle de prédicatrice et d’éducatrice de ses enfants, de son clan et de son entourage. »

« La fille croyante est celle qui porte son voilejilbab– légal : un vêtement sobre et discret, il ne s’agite pas sur son corps, il la couvre et ne la dévoile pas, l’élève et ne la rabaisse pas, l’honore et ne la travestit pas, puis qui la rapproche de son seigneur et ne l’éloigne pas [ de Lui ], et l’élève au Paradis au rang des vertueux et des vertueuses, des hommes véridiques et des femmes véridiques. »

La femme musulmane ne doit pas pour autant se négliger, bien au contraire. Elle doit prendre soin d’elle, ses vêtements doivent être de bonne qualité, propres et bien entretenus.

Citations tirées du livre « Les secrets du Hidjab » écrit part le SHAYKH Dr. Farid AL-ANSÂRÎ disponible chez IslamiqueShop